SAINT LAURENT AUTOMNE-HIVER 2019-2020: UNE VISION DE L’AVENIR

Une fois de plus, nous avions rendez vous avec Anthony Vaccarello,  sur l’esplanade de la rive de la Seine qui fait face à la Tour Eiffel et dans le passé pour observer sa vision de l’avenir de Saint Laurent.

Vaccarello qui, les saisons précédentes, explorait des périodes d’« Yves » moins balisées, va dans le dur avec cet automne-hiver 2019-2020, dès les premiers looks. Sur la bande-son de Sebastian, une voix en allemand accompagne Anna Herrera. Le nouveau top-modèle brésilien embrase le podium dans un sublime manteau à chevrons ultrastructuré.

 

 

Anthony Vaccarello a remixé beaucoup des looks les plus remarqués de Monsieur Saint Laurent : des smokings pour dames aux broderies ethniques exotiques, en passant par les manteaux de fourrure pour homme. Tout en exagérant les proportions et la silhouette jusqu’à en faire la plus longue de Paris.

Le couturier belge a construit un nouveau décor mastoc, déboursant plusieurs millions d’euros pour une boîte géante, dont une face était un mur réfléchissant massif. Une fois la bande-son du défilé lancée, cette paroi est devenue transparente, truffée de minces colonnes d’ampoules lumineuses, programmées sur ordinateur pour donner l’illusion d’une forêt illuminée.

 

 

Beaucoup de tops transparents – chose à laquelle Yves n’était pas opposé – avec des vestes aux coupes longues, en alligator à épaulettes. Mais pas la moindre idée de ce qui a pu pousser son successeur actuel à habiller près d’une dizaine de filles de shorts médiévaux à paillettes… cela ne faisait que donner une allure émaciée à leurs jambes maigres.

Au bout d’un tiers du défilé, le créateur a vraiment pris son rythme de croisière avec des blousons de rock star en velours brodé et quelques robes du soir sensationnelles avec des nœuds d’un mètre qui jaillissaient des épaules à angle droit. Des images parfaites pour les magazines.

 

 

Des cheveux blonds lustrés, des lunettes noires et les mains dans les poches : toutes les tops se comportaient et défilaient à la manière de petites filles de Betty Catroux, telles qu’on pourrait les imaginer. Mais le final, en revanche, était complètement anarchique : plus d’une vingtaine de modèles évoluant dans une obscurité presque complète derrière le mur réfléchissant, tandis que les lumières dessinaient des vagues. Tout cela ressemblait à un jeu Nintendo géant cassé et les mannequins à des impulsions électriques égarées. Pour être tout à fait franc, c’était là le choix de direction le plus étrange de mémoire d’homme, depuis que Caligula avait nommé son cheval consul.

Au milieu de toute cette obscurité, Anthony Vaccarello est venu brièvement défiler et saluer sous les applaudissements les plus discrets qu’on ait connu lors d’un défilé Saint Laurent en plus de trente ans.

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