Patrick Demarchelier, photographe

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Grand témoin, cialis Patrick Demarchelier, and photographe 

Propos recueillis par Yamina Benaï

La richesse de votre parcours photographique vous a mené à investir de nombreux domaines : images de mode (des centaines de couvertures à votre actif), sick beauté, campagnes publicitaires, portraits de personnalités… on parle volontiers de la “Demarchelier Touch”, qu’est-ce que cela représente selon vous ?

Je résumerai cela par le mot optimisme. En prise de vue, mon approche première consiste à mettre les gens à l’aise. Mannequins et célébrités doivent ressentir cet état d’esprit car le contact entre eux et moi est immédiat, détendu, calme, ce qui, je pense, est bénéfique au résultat final… C’est ainsi que je conçois les choses. J’aime mettre en valeur les gens, je ne cherche pas à exploiter une quelconque faille, on pourrait appeler cela la simplicité des gens heureux.

En 2008, le Petit Palais vous a consacré une importante exposition, qui mettait 400 de vos photographies en perspective avec des œuvres du musée, qu’est-ce que vous a apporté une telle expérience, plutôt singulière dans la vie d’un photographe ?

Je l’ai vécue comme un honneur, pour ne pas dire une consécration. Surtout parce que l’exposition a eu lieu dans mon propre pays, la France. C’était une joie pour moi de voir mes photos dans le voisinage de grandes toiles. La collection du Petit Palais est remarquable. Je suis collectionneur d’art contemporain, et donc particulièrement sensible à la peinture.

Vous vivez à New York depuis plus de trente ans, qu’appréciez-vous à Paris lorsque vous y séjournez ?

J’adore la France et Paris en particulier. Lorsque j’y suis, je retrouve aussitôt le rythme et l’atmosphère de la ville, qui sont, bien entendu, très différents de ceux de New York. Généralement, je suis assez occupé par mon travail, mais, en tant que passionné de la mode, j’aime assister aux défilés, je dîne avec des amis, notamment au Duc, boulevard Raspail, un excellent restaurant de poisson, je vais voir des expositions de peinture, je me balade sur les quais, à la découverte des trésors des bouquinistes… En mars dernier à l’occasion de la présentation des collections, j’ai assisté à “Une journée ordinaire” la pièce merveilleusement interprétée par Alain Delon et sa fille Anouchka au théâtre des Bouffes parisiens. Je me rends à pied à Saint-Germain-des-prés, je fais une halte chez Lipp et au Flore, j’écume les rayons de la librairie La Hune, à l’angle de la rue Saint-Benoît. Elle fait partie de mes lieux favoris avec la librairie Tome Dom, rue Saint-Dominique.

Quels souvenirs gardez-vous de votre premier contact avec l’Avenue Montaigne, quelles en furent les circonstances ?

Tout jeune photographe, cette artère, qui n’accueillait pas encore toutes les boutiques de luxe qu’elle abrite aujourd’hui, me faisait rêver. Les somptueux édifices de pierre blonde, la fameuse pierre de Paris, les grilles de fer forgé noir, cette élégance me fascinait, tout comme m’impressionnaient les noms des grandes maisons de couture apposés sur les façades. Plus tard, je me suis rendu Avenue Montaigne pour des raisons professionnelles lorsque l’on m’a demandé de réaliser des prises de vues de mode, au Plaza Athénée, chez Dior, chez Vuitton… elles ont été nombreuses et passionnantes… Ensuite, j’y ai accompagné ma femme lors de ses moments de shopping. Personnellement, je ne suis pas adepte de la chose, mais j’apprécie de donner mon avis sur certains modèles, lorsqu’elle me sollicite… Et maintenant, j’ai mes habitudes Avenue Montaigne. J’aime dîner au Stresa, un superbe restaurant de gastronomie italienne, qui se trouve rue Chambiges, juste derrière l’Avenue. J’apprécie également beaucoup la cuisine d’Alain Ducasse au Plaza Athénée. Il m’arrive aussi de prendre un verre dans le splendide bar contemporain de ce Palace.

Le 4 juin 2007 à New York, le prestigieux Council of Fashion Designers of America (CFDA) vous a décerné le “Eleanor Lambert Award” pour l’ensemble de votre carrière et votre “contribution unique au monde de la mode”, quelques mois plus tard (novembre 2007), vous étiez nommé Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Paris. Avec le recul, quelle est, selon vous, votre contribution au monde de la photographie ?

Le reflet d’une époque.

Vous avez déclaré que tout vous inspire, “l’art, la nature, les gens, la rue”, que diriez-vous de l’Avenue Montaigne comme source d’inspiration ?

Les images qui me viennent à l’esprit sont : l’élégance, la beauté, le luxe, bien sûr, mais aussi une certaine forme de simplicité, de sobriété. Et puis certaines silhouettes que l’on peut apercevoir ici, hommes et femmes, de tous âges… C’est un tableau vivant, en changement perpétuel, qui nourrit l’œil et l’imaginaire.

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