Olivier Dassault, pilote et photographe

olivier dassaultAviateur, héritier d’une célèbre lignée,  mais également député, compositeur, photographe. Cela fait quarante ans qu’il a sa base Avenue Montaigne, sous l’influence tutélaire de Marlene Dietrich…

Quel est votre premier souvenir de l’Avenue Montaigne ?

J’aimerais vous répondre : celui d’y avoir croisé Marlene Dietrich qui habitait au numéro 12, emplacement de mon showroom actuel. Mais c’est surtout le lieu de mon premier studio de photographie, qui était aussi mon appartement, que mon grand-père, Marcel Dassault, m’avait permis d’acquérir et d’aménager à proximité de ses bureaux, à ma sortie de l’Ecole de l’Air. Dans mon souvenir s’y mêlent aussi de longs moments passés au bar des Théâtres, devenu récemment le bar de l’Entracte, où Marcel, le maître d’hôtel, faisait rire le gratin du monde des arts et de la presse réuni sous un même toit.

A-t-elle joué un rôle important dans votre vocation photographique ?

J’ai débuté la photographie quand mes parents nous emmenaient en voyage visiter des monuments, des ruines. Mon premier modèle a été ma petite sœur et, tout jeune, j’ai gagné le concours photo de Top Magazine. Nos noms étaient mentionnés dans le journal et mon père était furieux – c’était deux ans seulement après l’enlèvement de ma grand-mère ! Depuis, je n’ai jamais cessé de photographier avec mes vieux Minolta XD7 argentiques, dont j’ai une douzaine d’exemplaires. Il ne se passe pas une semaine sans que je photographie l’avenue, ses toits, ses hôtels particuliers, ses grilles, ses reflets. Le Plaza Athénée, qui est voisin, me nourrit l’âme autant que l’estomac. De nombreuses fois, sa façade, avec ou sans échafaudages, a servi d’inspiration à mes tableaux photographiques.

Pourquoi et comment votre grand-père et votre père se sont-ils attachés à l’Avenue Montaigne ?

Mon grand-père et mon père sont de vrais Parisiens de naissance puisqu’ils naquirent respectivement dans les IXe et IVe arrondissements. Pour un Parisien, les Champs-Elysées et l’Avenue Montaigne sont deux noms qui font rêver, symboles qu’ils sont de la splendeur et de l’élégance parisienne. En acquérant l’hôtel du Rond-Point ou hôtel Le Hon en 1952, mon grand-père implanta le nom Dassault au croisement de ces deux avenues mythiques – quel voyage pour le petit garçon de la rue Blanche !

Evoquez-nous quelques anecdotes qui vous sont chères…

Je veux croire que l’esprit de Marlene Dietrich habite toujours l’immeuble du 12 et que je l’y côtoie car je crois, moi aussi, aux forces de l’esprit. J’ai eu le plaisir de recevoir l’équipe du film de Danièle Thomson, Fauteuils d’orchestre, qui, depuis mon balcon, a eu la possibilité de filmer Cécile de France qui se trouvait en face au restaurant La Maison Blanche. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont ce film a su donner vie à cette partie de l’avenue entre le bar de l’Entracte et le théâtre des Champs-Elysées. Au rayon des gourmandises de l’avenue, j’avoue me sentir chez moi à la boutique historique de Christian Dior au numéro 30 : « maison très petite, très fermée, à l’échelle modeste de son rêve ambitieux », ainsi qu’il aimait à la décrire mais c’est encore là que bat le cœur de Dior et cela se sent dès qu’on en franchit le seuil. C’est là que depuis 1946, « l’imagination peint, l’esprit compare, le goût choisit et le talent exécute », comme l’écrivait un certain Montaigne.

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