L’univers de Chanel

Mademoiselle Chanel par Man Ray, 1935

 

Dans la mode, on sait
qu’on a réussi quand
quelque chose dérange.

 

Mademoiselle Chanel par Man Ray, 1935
© Man Ray Trust/ADAGP Paris 2008

 

 

 

 

 

 

 

Soyez unique

Ainsi parlait Mademoiselle Chanel, femme de rupture, pionnière d’une modernité minimale et efficace, visionnaire d’un nouveau luxe allié à une intelligence du fonctionnel. Concentrant l’essence d’un style autour de quelques références iconiques, elle impose, dès les années 20, ses codes identifiables. Sac 2.55, tweed, soulier bicolore, camélia, petite robe noire et perles s’inscrivent en repères incontournables.

Autoportrait Karl Lagerfeld«La mode se démode, le style jamais», aimait-elle à répéter. Aujourd’hui, Karl Lagerfeld, magicien d’une perpétuelle renaissance, cultive ce patrimoine
en le greffant sur l’époque. «J’ai un certain nombre de notes, je joue avec. C’est ma petite musique de jour ou de nuit».

 

 

 

Autoportrait Karl Lagerfeld,
2008.

 

Le 2.55 né pour gagner

Le sac classique de la maison – baptisé aussi «le classique» – entre dans la légende en février 1955. Il dit tout de Mademoiselle Chanel. Son obsession de libérer la femme, de fusionner fonctionnel et esthétique épurée. Il vient d’où ? De son observation des besaces militaires à bandoulière et de la façon dont elle aimait porter ses jumelles sur les champs de courses, mains dans les poches, attitude d’homme libre. En 1929, elle détourne, pour elle, une besace, et l’habille en jersey noir ou marine doublé de gros-grain. En février 1955, oeillets, chaînes mythiques tressées en cuir et laiton, doubleRinko Kikuchi en CHANEL

C surpiqué, fermoir à tourniquet, cuir matelassé, poches étudiées, signent le sac le plus célèbre du monde. Cent quatre-vingts précieuses opérations griffent sa réalisation. Aujourd’hui, Karl Lagerfeld le réactualise en denim, rhodoïd, PVC gansé de cuir argenté ou en matelassé façon croco.

 

 

 

 

 

 Rinko Kikuchi en CHANEL

 

 

Le tweed volé aux hommes

De ses amours avec le duc de Westminster, à la fin des années 20, Mademoiselle Chanel retient les vestes en tweed, base d’une élégance désinvolte. L’ androgyne se les approprie, pour son usage personnel. Et ancre dans sa mémoire cette matière du
vestiaire masculin. En 1956, elle ré-ouvre sa maison et répond à la féminité exacerbée et conventionnelle du New Look par une féminité moderne et intemporelle, codée de masculin.

Elle rappelle le tweed, le décale – et le conjuguera à l’infini – sur ses tailleurs souples emblématiques, ultra-médiatisés, parfaite fusion intemporelle d’un masculin et d’un féminin. Conçus comme une seconde peau. Signes particuliers ?
Romy SchneiderVeste souple sans entoilage, ganse «signature», doublure en soie pour une plus grande fluidité, fines chaînettes cousues sur l’ourlet des vestes pour un tombé parfait, tweeds venus d’Ecosse, lavés plus légèrement pour en garder le moelleux. Aujourd’hui, les tailleurs légendaires, réinterprétés avec la juste dose d’impertinence par Karl Lagerfeld, rencontrent encore et toujours leur époque.

 

 

 

Romy Schneider, 1962
© Dalmas/SIPA

 

 

 

Le soulier bicolore détourné du sport

Sur le yacht du duc de Westminster, l’oeil affûté d’une visionnaire imprime sur sa rétine les souliers portés par les hommes en toile naturelle et au bout en cuir noir. Perchée sur l’épaule du danseur et chorégraphe, Serge Lifar – image culte signée 1937 – celle qui avait toujours été le modèle de ses innovations porte la modernité d’un top noir, d’un pantalon blanc et de sandales à semelle épaisse et bout noir.

 

Mademoiselle Chanel, 1928

Mademoiselle Chanel, 1928 © TopFoto/Roger-Viollet

 

En 1957, la femme libre qui aimait «faire la chose juste au bon moment», impose une fois de plus, à l’époque où les couturiers coordonnaient vêtements et chaussures, où l’ouverture à l’arrière n’existait pas, une rupture.
La sandale bicolore graphique ne fait que débuter son irrésistible ascension. L’obsessionnelle du confort libère le pied grâce à un petit élastique sur le côté intérieur. Et elle se souvient des chaussures de bateau et leur offre un bout noir… Outre son aspect pratique contre les taches, il faisait le pied plus petit. Le beige, lui, allongeait la jambe. Esthétique graphique et bon sens. «Avec quatre propositions, on fait le tour du monde». Elle décline donc, pragmatique, un cuir beige et bout noir pour le jour. Un bout marine en version été. Un bout marron en version sport. Et un bout or platine voué au soir. Sous l’impulsion créative de Karl Lagerfeld, le légendaire bicolore s’affiche en ballerines, bottes, ou bottes guêtres en tweed.

Le camélia icône discrète

Fleur fétiche de Mademoiselle Chanel, éprise de l’Orient – le camélia était autrefois nommé «la rose japonaise» –, il est le parfait contrepoint, dans sa simplicité si pure, sa rondeur presque géométrique, à ses robes noires légendaires. Symbole de longévité et de fertilité, emblème d’immortalité, on dit aussi qu’il chasse les mauvais esprits. Fleur sans odeur, il ne faisait pas d’ombre au N°5 que la couturière portait rituellement. Au XIXe siècle, les hommes continuaient d’en fleurir le revers de leur costume. Le camélia était aussi la fleur de deux courtisanes, la Dame aux Camélias et l’héroïne de La Traviata.

 

 

Deux femmes libres. Rue Cambon, dans ses appartements, les célèbres paravents qu’elle collectionnait en laque de Coromandel noire ou rouge, affichent la fleur emblématique, version blanche ou rose. «Ils jouent le rôle de tapisserie du Moyen Age, ils permettent de reconstituer sa maison partout», disait la nomade. Pour le façonner, le sculpter au juste volume, les pétales sont découpés en coeur, gaufrés à l’emporte-pièce, pistils au centre.
Décliné dans toutes les matières et les couleurs, le camélia a besoin de quarante minutes de savoir-faire délicat, à la main, pour exister en toute beauté et réveiller vêtements et accessoires.

La petite robe noire révolutionnaire

En réaction aux déferlements de couleurs des années 20, la rebelle innove encore frontalement. Couleur noire – jusqu’ici réservée au deuil – et parfaite simplicité. La petite robe noire coule sur le corps, gomme les contraintes du corset, impose une silhouette neuve, en jersey – matière détournée des dessous masculins –, en crêpe ou en dentelle. Les Américains applaudissent, et, devant le succès aussi surprenant que celui de la voiture légendaire, la baptisent «la Ford de Chanel», étiquetant sa modernité, sa parfaite adéquation à l’époque. «Toujours enlever, jamais remettre», répétait l’adepte d’un perfectionnisme minimal. Elle disait aussi, «Je vais toutes les mettre en noir pour leur apprendre le goût». Pour habiller sa «petite robe noire», elle crée, en contrepoint une abondance de bijoux fantaisie au registre baroque, qui deviennent une ligne à part entière.
Karl Lagerfeld ne l’oublie jamais, la travaillant en mousseline comme en maille. Ou en spectaculaire soie froissée semée de camélias géants.

 

La robe «Ford» de 1926 par Karl Lagerfeld

 

La robe «Ford» de 1926 par Karl Lagerfeld

© CHANEL/Croquis Karl Lagerfeld.

Les perles faire-valoir

Il suffit de regarder les portraits de la femme de caractère adoucie par ses multiples sautoirs. Qu’ils soient signés Man Ray ou Cecil Beaton – les photographes les plus pointus de l’époque –, ils mettent en scène la présence intense et lumineuse des rangs de perles jetés de façon anticonformiste, sublimant un simple «top» noir. Mademoiselle Chanel parlait de leur qualité aussi flatteuse qu’un maquillage. Connotées simplicité, éclat, pureté absolue, les perles entrent dans l’histoire avec le défi d’éclairer, de valoriser la sobriété de sa mode.

 

Les perles faire-valoir

 

Elles vont se poser, bien sûr, en atout majeur de ses légendaires robes noires, signant un look indémodable. Elles s’en iront sublimer, lumineuse signature, sacs, souliers, lunettes, ceintures, jusqu’à s’intégrer aux vêtements. Elles s’enfilent délicatement à la main, avec un noeud entre chacune d’elles, comme les vraies perles, glorifiant le précieux savoirfaire de la maison et de ses métiers d’art révérés.

Le temps CHANEL

2007. CHANEL fête ses 20 ans de créations horlogères et ses 5 années de présence au Salon international de l’horlogerie à Bâle. Deux dates emblématiques immortalisées par des pièces d’exception.
Depuis le lancement de la montre «Première» en 1987, CHANEL a développé un univers horloger à part entière. Après la mode, les parfums, le maquillage et le soin, ce troisième métier de la maison CHANEL n’a cessé de s’enrichir et de se renforcer au fil du temps. À tel point qu’aujourd’hui, les montres CHANEL se scindent en trois familles : «J12», les modèles Joaillerie et les collections «Intemporelles de CHANEL» où chaque modèle reprend l’un des symboles forts de la maison : La «Première» dont la forme
rectangulaire à pans coupés évoque le cabochon du flacon du N°5 et la forme de la place Vendôme. La «Matelassée» qui réinterprète un thème cher à Gabrielle CHANEL. La «Mademoiselle», reconnaissable à son cadran en laque blanche sur lequel s’étirent de longs index en chiffres romains. La «Chocolat», réinterprétation du motif Matelassé, associée à une lecture digitale.

 

Montre «Première» Perles CHANEL

Montre «Première» Perles CHANEL

 

C’est à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, dans ses ateliers de huit mille mètres carrés que CHANEL fait naître toutes ses montres. Là, entre prairies et sapins, l’étincelle créative se transforme en produits innovants : les outillages numériques de pointe, mêlés au savoir-faire traditionnel horloger, assurent l’ensemble des opérations, de la fabrication des boîtes et des bracelets jusqu’à l’emboîtage des mouvements développés et réalisés par des entreprises suisses spécialisées. L’ an 2000 voit naître la «J12», devenue en quelques années une icône de l’horlogerie, au même titre que le N°5 dans l’univers des parfums. En noir puis en blanc, en version sertie, chronographe, tourbillon, puis haute
joaillerie… elle s’est imposée comme une référence horlogère internationale qui ne cesse d’évoluer au fil des années. Depuis vingt ans, CHANEL révolutionne l’horlogerie et marque son temps.

Bijoux de Diamants

Avec la force d’une évidence, la joaillerie de CHANEL prend toute sa dimension dans le respect de ses valeurs et la fidélité à une certaine idée du luxe et du beau. L’histoire de la Joaillerie CHANEL commence en novembre 1932, quand Mademoiselle Chanel présente dans les Salons de son hôtel particulier rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris, sa première collection de joaillerie, «Bijoux de Diamants», entièrement consacrée au platine et au diamant. «Si j’ai choisi le diamant, c’est qu’il représente la valeur la plus grande sous le plus petit volume», disait-elle.

Collier «Comète» CHANEL Joaillerie Parce qu’il est le motif qui met le mieux en valeur l’éclat de la pierre, elle choisit la comète comme thème majeur de la collection. «J’ai voulu couvrir les femmes de constellations. Des étoiles ! Des étoiles de toutes les dimensions pour étinceler dans les chevelures ; des franges, des croissants de lune. Voyez ces comètes dont les têtes brilleront sur une épaule, et dont les queues scintillantes vont glisser derrière les épaules pour retomber en pluie d’étoiles sur la poitrine…»

 

 

 

 

Collier «Comète» CHANEL Joaillerie

 

 

 

Aujourd’hui, comme toutes les créations de CHANEL, la joaillerie s’inspire de l’histoire personnelle de Mademoiselle Chanel et des symboles qui lui sont chers, et reflète ainsi une créativité incomparable et très identifiable. Entre tradition et innovation, les constantes qui ont créé l’identité de CHANEL, sont interprétées dans un esprit précurseur et toujours innovateur grâce à la tradition de la haute joaillerie française et
au savoir-faire des meilleurs ateliers parisiens qui travaillent les matières les plus nobles, les pierres les plus pures et les perles les plus rares. Plus de soixante-dix ans après la collection «Bijoux de Diamants», CHANEL est devenu l’un des acteurs

Portrait de Mademoiselle Chanel par Horst, 1937 incontournables de la joaillerie, en inscrivant au firmament de la place Vendôme les étoiles de Mademoiselle Chanel.

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Mademoiselle Chanel par Horst, 1937
© Condé Nast/Corbis

 

 

 

 

 

 

 

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