Louis Vuitton, le culte de l’excellence depuis 150 ans

Débuts parisiens en 1854

Louis VuittonVenu au monde en 1821, Louis Vuitton est un montagnard qui a quitté son village jurassien, où son père lui proposait de suivre ses traces : devenir menuisier. Ce destin ne dit rien qui vaille au jeune Louis. Il préfère tenter sa chance à Paris ! Il y montre vite son talent dans une entreprise de malletier, où il lui arrive de réaliser les commandes de clients prestigieux, comme l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Nous

sommes au début du Second Empire, la France est prospère, les premiers trains commencent à circuler et le voyage devient une véritable mode. Pressentant que la production de bagages va connaître un développement exponentiel, Louis Vuitton saute le pas : en 1854 il fonde sa propre Maison et lui fait brûler les étapes. Dès 1858, c’est l’apparition de la malle plate en toile grise Trianon puis, en 1859, l’édification de l’atelier d’Asnières. En 1867, alors qu’il n’a que 46 ans, sa société connaît l’honneur de participer à l’Exposition universelle de Paris.

 

Naissance de la toile Monogram

La fi n du siècle verra une succession de moments-clés. En 1872, c’est la création d’une toile rayée, qui complète la toile grise Trianon. Trois ans plus tard, on voit apparaître le Wardrobe (garde-robe rigide). En 1885, alors que la Maison vient de fêter ses 30 ans, c’est l’ouverture de la première boutique à l’étranger, à une adresse prestigieuse : oxford Street, à Londres. C’est le premier pas d’une réussite internationale que Louis Vuitton ne
peut certes pas imaginer : un bon siècle plus tard, au début du xxIe siècle, la marque sera diffusée sur tous les continents et se sera affi rmée comme l’un des « brands » les plus connus au monde ! 1888 voit le lancement de la toile Damier et 1896 celui d’un des « must » les plus copiés au monde : la toile Monogram. Le passage des générations s’est effectué sans encombre : c’est en effet georges Vuitton, le fi ls de Louis (décédé en 1892), qui est à l’origine du Monogram tout comme il avait, quelques années auparavant, conçu l’impressionnante serrure « incrochetable » à cinq gorges.

 

Le Keepall, pour les voyageurs émérites

Dans les Années folles, qui suivent la Première guerre mondiale, Louis Vuitton devient un nom familier des têtes couronnées et des esthètes fortunés. Alors que le nouveau siècle n’a qu’un an, le Steamer Bag s’impose comme le premier des bagages souples. Dès 1908, on peut le trouver à Nice, première boutique ouverte en France en dehors de Paris, puis, en 1914, au magasin emblématique des Champs-Élysées. S’il n’y a pas d’expansion notable pendant l’Entre-deux-guerres, une date reste cependant à marquer d’une pierre blanche : 1930. Alors que la crise de 1929 s’apprête à attaquer, avec un certain décalage, la France, Louis Vuitton sort son objet fétiche : le Keepall. Sans cesse reproposé, sans cesse interprété par de nouveaux créateurs (récemment par la photographe Sylvie Fleury ou l’artiste japonais Takashi Murakami), ce sac de voyage souple, qui continue d’accompagner les voyageurs au long cours, est devenu une véritable icône.

 

Ambitions asiatiques

En 1959, les progrès techniques permettent de parer la toile Monogram d’un revêtement flexible et imperméable. Les bagages souples de la Maison arborent cette nouvelle livrée. De Saint-Tropez à Portofino, des Hamptons à Punta del Este, ils deviennent indissociables des lieux qui font la mode. Malgré sa renommée internationale, la Maison ne compte que trois magasins au milieu de la décennie 1970. Un premier développement

va prendre place en Asie du Sud-Est dans les années suivantes, avec l’ouverture d’espaces à Tokyo, Osaka, Hong Kong et Séoul. En 1987, le rapprochement avec Moët Hennessy fait du nouveau groupe, qui additionne les initiales de ses composantes, un leader mondial du luxe. Sous la férule de Bernard Arnault, qui en prend le contrôle en 1989, l’expansion va se faire à un rythme accéléré, dans tous les domaines. L’implantation en Chine, en 1992, au Palace Hotel, est le symbole de cette ambition, qui s’exprime aussi par des initiatives culturelles, comme le lancement d’une collection littéraire (« Voyager avec »).

 

Louis Vuitton, Shangai Pudong, Chine Louis Vuitton, Hong Kong Landmark, Chine Louis Vuitton, Shangai Huaihai, Chine

Shangai Pudong

Chine

Hong Kong Landmark

Chine

Shangai Huaihai

Chine

Une audience planétaire

En 1996, on célèbre le centenaire de la toile Monogram. Conscient d’être partie intégrante du patrimoine français, Louis Vuitton réédite la toile Damier historique. Ce qui ne l’empêche pas de se déployer sur d’autres registres : la ligne masculine Taïga en 1993, la première collection de prêt-à-porter en 1998, dessinée par un créateur qui fera parler de lui, Marc Jacobs. Le Monogram devient une véritable famille qui se décline sous
différentes identités : lignes Monogram Vernis, Monogram Mini, Monogram Glacé,
Monogram Graffiti, Monogram Multicolore… En 2000, Louis Vuitton met le pied sur le continent africain, à Marrakech, et ne cesse ensuite de poursuivre son expansion, qui se lit comme une véritable leçon de géographie ! Inde et Russie en 2003, Johannesburg et Shanghai en 2004, Taipei, Kiev et Oslo en 2006, Athènes en 2007, Macao et… Oulan-Bator en 2009. Louis Vuitton aurait-il imaginé voir son nom et son renom se diffuser jusqu’en Mongolie extérieure ?

 

Louis Vuitton, New Bond Street, Londres   Louis Vuitton, Ginza Namikidori, Tokyo, Japon

New Bond Street,

Londres

 

Ginza Namikidori, Tokyo,

Japon

Des liens forts avec l’art contemporain…

En 2004, la Maison a fêté son 150e anniversaire. Elle est toujours inégalable dans la bagagerie de luxe mais sait aussi exceller dans la joaillerie, les lunettes de soleil, le prêt-à-porter, la chaussure ou les montres. Ne se contentant pas de produire, elle a noué un partenariat unique avec les créateurs contemporains. Les plus grands artistes sont invités à interpréter ses classiques ou à dessiner des vitrines qui deviennent des oeuvres uniques (Robert Wilson, Ugo Rondinone, Olafur Eliasson). Ses publicités mettent en scène des héros inattendus, comme Mikhaïl Gorbatchev, Keith Richards emblème des Rolling Stones, l’astronaute Buzz Aldrin ou le danseur Mikhaïl Baryshnikov. En 2007 et 2008, Louis Vuitton est au coeur d’une petite révolution culturelle en installant pour la première fois une boutique temporaire à l’intérieur d’un musée, dans le cadre
de la rétrospective Takeshi Murakami au Museum of Contemporary Art (MOCA) de Los Angeles et au musée de Brooklyn, à New York.

 

«Unreal Scene-Macau map»

de Liu Jianhua

(2009 – Maison Louis Vuitton

Macau One Central)

Hommage à l’artiste

Stephen Sprouse
(janvier 2009 – Speedy

en Toile Monogram Roses)

«Moving Painting» de Tim White-Sobieski

(2005 – Maison Louis Vuitton des Champs-Élysées)

… et le maintien d’une tradition d’excellence

Cette parfaite adéquation avec son temps ne signifie pas que Louis Vuitton ait abandonné ses « fondamentaux ». Au contraire ! Le légendaire atelier des Commandes spéciales, installé à Asnières depuis plus d’un siècle, continue d’honorer les demandes des clients les plus exigeants, à la recherche de pièces uniques. C’est Patrick-Louis Vuitton, représentant de la cinquième génération de la famille, qui dirige ce département célèbre pour ses réalisations, du coffre-fort de voyage du prince de Siam en 1924 jusqu’à l’extraordinaire boîte à bijoux en cuir Epi rouge créée en 2005 pour l’Année de la Chine en France. Précédée de nombreux croquis et de prototypes, chacune de ces commandes spéciales (la Maison en assure environ 450 par an) est suivie de bout en bout par le même artisan, qui peut y consacrer plusieurs mois de travail. Chez Louis Vuitton, le temps et la tradition restent des valeurs indémodables…

 

Louis Vuitton, Asnieres

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