Les plus belles portes de l’avenue

Faites votre choix

Se promener Avenue Montaigne, c’est évidemment faire du lèche-vitrines. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais il n’est pas exclu de porter les yeux ailleurs que

sur les richesses exposées : sur les façades, bien sûr, mais aussi sur des détails décoratifs plus discrets. Les portes, qui sont devenues dans les immeubles modernes d’une désolante banalité, présentent ici un séduisant éventail de styles. Des oeuvres minimalistes en verre avec une poignée dorée voisinent avec des vantaux où abondent les motifs. On y trouve aussi bien la classique et solide porte en chêne (par exemple, sur les adresses du début de l’Avenue, côté Seine, ou celle du n° 56) que de grandes compositions en fer forgé (notamment aux n° 33 et 44), une technique malheureusement bien abandonnée de nos jours.

 

 

 

 

 

 

Splendeurs de l’Art déco

Les créations les plus marquantes datent de l’époque de l’Art déco (de 1925 à la guerre) : au numéro 26, il s’agit de volutes, d’entrelacs, surmontés de trois muses sculptées en bas-relief. Cet immeuble, qui a fait l’objet d’un récent ravalement, est l’oeuvre de Louis

Duhayon. un inconnu ? Pas vraiment : on lui doit, avec Marcel Julien, les hôtels Royal Monceau et Plaza Athénée ! Au 34, propriété de la Mutuelle des cuisiniers de France, les vantaux de fer forgé sont organisés en modules carrés, où quelques cercles viennent rompre une géométrie trop rigoureuse. L’auteur de cet édifi ce n’est pas non plus le premier venu : il s’agit de Charles Plumet (1861-1928), qui fut l’architecte en chef de l’exposition des Arts décoratifs en 1925, qui lança justement le style Art déco. C’est lui qui supervisa les quatre grandes tours de l’esplanade des Invalides.

 

 

 

 

La porte des Callot

Le chef-d’oeuvre est sans conteste la porte qui cache l’entrée du n° 41, à côté du restaurant «L’ Avenue». Elle constitue un véritable manuel de l’Art déco. Des motifs géométriques y encadrent des plaques de verre dépoli : spirales, chevrons, dents de

scie… C’était l’adresse de la Maison Callot Soeurs, qui fut l’une des plus réputées au monde dans les années vingt. C’est ici que Madeleine Vionnet apprit le métier : elle aimait à dire que sans les soeurs Callot, elle aurait continué à faire des Ford plutôt que des Rolls-Royce… Les soeurs Callot, au nombre de quatre, utilisaient le métal et les motifs géométriques. un texte de l’Offi ciel de la
Couture de septembre 1934 – « la ligne de Callot Soeurs a un grand cachet d’élégance (…); effets en diagonales par les rayures (…); croisillons» – semble presque une description de la porte que l’on a devant les yeux !

 

 

 

 

 

Une porte-arbre

La rue François Ier possède une création tout aussi spectaculaire. Elle orne le n° 35, où est installé Guy Laroche. Déjà présente lorsque l’adresse abritait Pierre Balmain, il s’agit d’une composition végétale très originale : des branchages asymétriques se développant sur la porte mais également sur la rampe des escaliers. En s’approchant, on y découvre une véritable vie intérieure, une ménagerie de minuscules animaux qui se cachent dans la ramure de cet arbre métallique. Tous les genres sont présents, mammifères, batraciens ou insectes : il y a là des papillons, des grenouilles, des caméléons, des ouistitis, des colibris, des hippocampes…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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