Les catherinettes ou l’art du chapeau

En souvenir de sainte Catherine

Chaque 25 novembre, les Maisons de l’Avenue Montaigne sacrifient à une tradition : celle des Catherinettes. La patronne de cette célébration a vécu il y a dix-sept siècles : il s’agit de sainte Catherine d’Alexandrie, suppliciée le 25 novembre 307, sous le règne de Maximien. Autrefois, le jour de sa fête, les jeunes filles allaient «coiffer sainte Catherine» : en d’autres mots, elles allaient orner d’un chapeau la statue de la sainte en faisant le voeu de se marier. Puis l’habitude s’est perdue, ne survivant que dans le monde de la mode. Encore y était-elle de moins en moins observée. Le Comité Montaigne a relancé cette tradition en la modernisant quelque peu : elle n’est plus réservée aux seules Maisons de couture et, désormais, les garçons aussi peuvent y participer en se recommandant à saint Nicolas. Les règles sont les mêmes pour les deux sexes : il faut être célibataire, avoir 25 ans… et porter un chapeau.

 

 

Jaune et vert

C’est dans le couvre-chef que réside toute la magie de l’événement : il doit être jaune (pour symboliser la foi et le temps qui passe) et vert (pour la jeunesse et l’espérance), et être surmonté d’attributs qui montrent le savoir-faire de son propriétaire. Certaines créations sont de véritables pièces montées : il est parfois impossible aux demoiselles de tourner la tête sans faire de dommage irréparable et il peut être tout aussi compliqué de les croiser dans l’escalier tant elles se déploient dans l’espace. Même au théâtre des Champs-Élysées où se tient le concours…

 

 

Devant un jury exigeant mais amical – composé du président du Comité Montaigne, Jean-Claude Cathalan, et de personnalités du monde de la mode, notamment de magazines réputés –, les Catherinettes (et les Nicolas) descendent les marches en arborant leur magnifique accessoire. L’entrée est libre : dans la grande salle, chef-d’oeuvre d’Auguste Perret, le public ne se prive pas de prendre position…

 

 

Une avalanche de prix

Chaque chapeau a été conçu et fabriqué dans les studios de création. Il se veut un hommage au talent de toutes les «petites mains» et des maîtres d’art – brodeurs et autres artisans – qui sont un patrimoine inégalable de la mode et du luxe. Certains chapeaux sont des construction remarquables, inventives, mêlant boîtes de chocolat, carton, voile, broderies, ciseaux et plumes… Le jury, après délibération, élit la lauréate et sa dauphine. Et pour que la fête soit plus complète, il décerne des accessits : un prix à la Catherinette la plus drôle, un autre à la plus originale, un prix du Président, un prix du Nicolas… Le tout s’achève dans la bonne humeur autour d’un buffet et aucun concurrent ne repart les mains vides. Un parfum et une bouteille de Champagne sont le lot de chacun. Car il n’y aura pas de seconde chance : l’an prochain, une nouvelle génération prendra la suite.

 

 

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