Le charme indémodable des Catherinettes

Une fête qui remonte loin

C’est une tradition qui se perpétue : un petit exploit dans notre monde contemporain au rythme si frénétique, qui exige sans cesse du neuf… Autrefois attendue dans de nombreux quartiers de Paris, la fête des Catherinettes rendait hommage aux jeunes filles ayant atteint l’âge de 25 ans, non mariées et de comportement irréprochable. Sont-elles moins nombreuses dans notre société permissive ? C’est plutôt que les fêtes traditionnelles – avec déguisement et occupation espiègle de l’espace public – ont perdu de leur lustre au profit d’amusements plus formatés… Quoi qu’il en soit, ces jeunes filles sous l’invocation de sainte Catherine d’Alexandrie – qui connut le destin atroce
que l’on sait sous la roue du bourreau – ont encore un sanctuaire qui les accueille immanquablement chaque année : le Théâtre des Champs-Élysées, Avenue Montaigne.

 

Immanquable 25 novembre

En effet, les Maisons de couture ont gardé bien ancré dans leur agenda le rendez-vous du 25 novembre. Alors que l’approche de l’hiver pousse les Parisiens à s’emmitoufler, le théâtre d’Auguste Perret, largement illuminé, voit affluer les jeunes employées des grandes enseignes de l’Avenue. Elles sont toutes coiffées de la façon la plus artistique qui soit : c’est en effet la particularité de la fête que d’exiger un couvre-chef sophistiqué, au chromatisme jaune et vert. Le jaune symbolise la foi, le vert symbolise la connaissance. Ces contraintes s’incarnent dans une créativité remarquable, qui s’exprime dans les formes et dans les volumes : attention en passant les portes ou en glissant sous les luminaires ! L’édition 2009 n’a pas failli à sa réputation, qui a récompensé cette année, encore une fois, de nouveaux modèles jamais vus et que l’on ne reverra jamais. Le goût de l’unique, n’est-ce pas un peu la définition du luxe véritable ?

 

 

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