L’Avenue Montaigne ressucite les Catherinettes

Sous la protection de sainte Catherine

La tradition s’est perdue en France mais elle perdure Avenue Montaigne, où l’on aime cultiver certains symboles. Aussi, chaque 25 novembre, y voit-on encore de charmantes personnes coiffées de spectaculaires chapeaux jaune et vert : les catherinettes. De quoi s’agit-il ? À l’origine, les catherinettes étaient des jeunes femmes non mariées ayant atteint l’âge de 25 ans et qui rendaient hommage à sainte Catherine d’Alexandrie, la martyre qui mourut au supplice de la roue et demeuant le modèle des jeunes filles courageuses, fidèles et pures. Autant dire qu’elle était une patronne idéale pour les filles à marier ! Catherinette était également le nom que l’on donnait aux thèses que les étudiants soutenaient au moment de la fête de la sainte, à la fin de l’automne. Cela suffit à rappeler sa notoriété passée…

De l’agriculture à la couture

Il y a quelques décennies, cette fête attirait encore beaucoup de monde, surtout pour son point culminant : on sortait des bureaux et des ateliers et l’on se dirigeait à l’angle des rues de Cléry et des Petits-Carreaux, dans le 2e arrondissement, où se trouve une statue de la sainte. On montait sur une échelle, car elle est haut placée, et on la «coiffait». C’était ensuite une soirée de réjouissances. Patronne des écoliers, des bibliothécaires, des potiers, sainte Catherine, qui a vécu au début du IVe siècle, est aussi celle des couturières. Pourquoi donc ? Selon Alfred Fierro, historien de Paris, cela pourrait être dû à l’existence, autrefois, d’un couvent Sainte-Catherine-des-Coutures, dans l’actuel IVe arrondissement. Le mot «couture» avait une autre signification, celui de terre cultivée, mais il y aurait eu un léger glissement de sens…

Le jaune et le vert

Le chapeau des catherinettes est bicolore : le jaune est la couleur de la foi et le vert celle du savoir. Pourquoi la fête avait-elle disparu ? Elle a probablement été victime de l’évolution de la société qui a un peu oblitéré les pratiques traditionnelles. Quoi qu’il en soit, alors que le grand public ne sait plus ce qu’est une catherinette, le milieu de la couture ne l’a pas oublié ! Cette date est l’occasion pour les créateurs et plus particulièrement les modistes de réaliser des chefs-d’oeuvre qui viennent coiffer les jeunes filles de leur maison qui ont 25 ans et qui ne sont pas encore mariées, particularité qui n’est plus aujourd’hui rare…     ni préoccupante ! Le Comité Montaigne, regroupant en son sein de prestigieuses maisons de couture, fait revivre la tradition à travers une fête des catherinettes qui réunit une centaine de participantes. La manifestation se déroule au Théâtre des Champs-Élysées, bien sûr le 25 novembre dans une atmosphère joyeuse et souvent émouvante lors de l’élection de la reine et de ses dauphines. Élection qui récompense les chapeaux les plus créatifs et spectaculaires…

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