Jean-Jacques Picart, consultant

jean-jacques picartAssocié de Christian Lacroix avec qui il monte l’une des maisons phares des années 1990,  aujourd’hui consultant indépendant,  très actif auprès de LVMH mais aussi d’autres maisons, Jean-Jacques Picart porte un regard affectueux et lucide sur l’avenue Montaigne.

Vous souvenez-vous de vos premiers contacts avec l’avenue Montaigne ?

Quand je suis arrivé à Paris en 1968, jamais je n’aurais eu l’idée d’aller avenue Montaigne. En ce temps-là, elle n’était pas attirante pour un jeune de 20 ans – ce qui a bien changé depuis. Elle symbolisait un monde très riche et bourgeois – de vieilles dames descendant de grosses voitures. De même, dans les années 1970, je n’ai guère eu l’occasion de la fréquenter. Le shopping se faisait plutôt du côté de la place des Victoires, de la rue de Rennes et du boulevard Saint-Germain.

Quand a eu lieu le déclic ?

Dans les années 1980, j’ai emménagé avec mon épouse avenue Franklin-Roosevelt, face au palais de la Découverte. C’est alors que j’ai appris à connaître l’avenue Montaigne. A l’époque, il y avait encore de nombreux commerces – une boulangerie, un pressing, une pharmacie. Mon installation dans le quartier a coïncidé avec une phase nouvelle de la mode, où le luxe est devenu accessible, excitant. L’avenue Montaigne en a vite été l’une des vitrines internationales. Aujourd’hui encore, on y trouve des créateurs français mais aussi italiens, américains, espagnols et même libanais (Elie Saab).

Des moments forts de ces années vous reviennent-ils à l’esprit ?

Je me souviens en particulier d’une rencontre inopinée avec une star de Hollywood. A l’époque, je conduisais une Austin bordeaux. En remontant l’avenue, à la station de taxi, je remarque une vieille dame à la silhouette inouïe. Elle tenait un vison sur sa hanche, d’une manière chiffonnée. Je n’avais jamais vu quelqu’un tenir un vison de cette façon-là ! C’était uniquement pour la posture, un geste quasiment cinématographique. S’il s’était agi d’une jeune femme, j’aurais pensé à un shooting de mode. Mais c’était une vieille dame, qui faisait une série de récitals d’adieu à l’Espace Cardin. Elle habitait avenue Montaigne, au niveau du siège actuel de LVMH : c’était Marlène Dietrich.

Avez-vous des périodes de prédilection pour fréquenter l’avenue Montaigne ?

J’y vais très souvent – chaque semaine même ! – en raison de mes activités de conseil auprès de LVMH. Je trouve que les semaines de présentation des collections, aux dates fixées par la chambre syndicale de la mode, sont une belle période. Le matin, de gros camions passent prendre le matériel pour les défilés. Dans la journée, on voit passer tous les mannequins du monde pour des séances de photo et des limousines, d’où sortent des acheteurs, des princesses du Moyen-Orient et des rédactrices de mode. Et la nuit, cela ne s’arrête pas. Tous les étages sont noirs sauf le dernier, qui reste illuminé. Des gens y travaillent pour un dernier fitting sur les collections qui vont être présentées. C’est assez touchant. D’autres quartiers n’ont que des boutiques de mode. L’avenue Montaigne, en revanche, a aussi bien les bureaux et les boutiques que les ateliers de création. On sent que des gens y travaillent et qu’il y a de gros enjeux.

1 Comment

  • Répondre octobre 1, 2016

    MARTY

    i love the comité Montaigne !!!
    Merci pour la soirée « promenade pour un objet d’exception  »
    bien cordialement

Leave a Reply