Drouot-Montaigne : des enchères mémorables

Le retour de Joséphine

À l’origine, le Théâtre des Champs-Élysées possédait un fumoir en soussol mais il fut assez vite abandonné. Connaissant bien le Théâtre − c’est de là qu’elle fascina le tout-Paris avec sa Revue nègre dans les années vingt −, Joséphine Baker se chargea de lui redonner vie en y installant son cabaret dans l’après-guerre. Après un nouveau passage à vide, c’est à l’occasion de la rénovation complète de l’immeuble, en 1987, que le lieu retrouva une vocation en devenant la salle de prestige de l’hôtel des ventes Drouot. Ce faisant, le Théâtre des Champs-Élysées retrouvait l’approche pluridisciplinaire qu’il avait à ses débuts lorsque l’actuel Studio abritait une galerie d’art. Depuis quelques années, un événement s’est ajouté aux ventes : il s’agit des «Temps forts» qui, chaque semestre, présentent les plus beaux objets appelés à passer sous le marteau des commissaires-priseurs.  

Un record pour Picasso

Dans l’histoire pourtant courte de Drouot-Montaigne, les résultats exceptionnels ne manquent pas. En novembre 1989, les Noces de Pierrette, par Picasso, atteignent le prix astronomique de 300 millions de francs (46 millions d’euros) sous le marteau de maître Binoche. C’est aujourd’hui encore l’une des dix enchères les plus élevées de l’histoire de l’art. En 2002, la vente des bijoux de la princesse Soraya, ancienne épouse du shah d’Iran, défraie la chronique en voyant les estimations multipliées par dix (elles dépasseront le million d’euros pour la bague en platine signée Harry Winston). Plus près de nous, on pourra citer les tableaux impressionnistes de la collection Rouart, les pièces Art nouveau et Art déco de Manoukian et Hebey ou les souvenirs de Maria Callas. Et l’on se souvient encore de la vente-fleuve des photographies de Brassaï (près de 800 lots provenant de la succession de l’artiste) qui a constitué l’un des grands moments de l‘automne 2006.  

«Temps Forts à Drouot Montaigne», qui a lieu en mai et novembre à Drouot Montaigne. Présentation en avant-première des oeuvres majeures des ventes à venir.

Les trésors d’Alain Delon

Chaque année apporte ses surprises et ses enthousiasmes. En 2007, après la belle envolée sur un tableau de Basquiat à la fin mars (1,1 millions d’euros par l’étude Cornette de Saint-Cyr), on suivra de près la dispersion de la collection d’Alain Delon. Elle est constituée de belles oeuvres des années 1950, du mouvement Cobra ou de l’école de Paris, avec des toiles d’Appel, Manessier, Hartung, Soulages, Dubuffet et de Staël mais également quelques grands noms plus anciens, à l’image de Delacroix, Géricault ou Millet. Jusqu’à présent, l’acteur était jaloux de sa collection, qu’il montrait seulement aux intimes (et, exceptionnellement, aux visiteurs de la galerie Aplicat-Prazan au printemps). Et il était forme : il ne vendait pas ! L’événement est donc à la hauteur du personnage. La vente se tient le 15 octobre au soir : forte affluence à prévoir !

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