Déambulations sur la Rue François 1er

À l’enseigne d’un roi

Que reste-t-il de François Ier dans la rue et sur la place qui portent son nom ? Pas grand-chose. L’auguste patronyme fut choisi en 1823 lorsque l’on fit venir la maison du roi de France depuis Moret-sur-Loing. Pendant près d’un siècle et demi, elle fut installée à Paris, à l’angle de la rue Bayard. Aujourd’hui, on peut de nouveau voir cet élégant décor Renaissance et la célèbre salamandre à Moret. La place François 1er a perdu son roi mais pas sa superbe. Elle conserve de beaux hôtels particuliers et une fontaine. Conçue en 1865 par l’architecte Gabriel Davioud pour la place de la Madeleine, elle est composée d’une vasque soutenue par quatre griffons réalisés par le sculpteur Théophile Murguet.  

Tout est dans le détail

La Rue François 1er, qui descend en pente douce jusqu’à l’Avenue Montaigne puis qui remonte de façon plus déterminée vers l’Avenue George V, se distingue par ses bâtiments cossus. On n’y croise pas de monuments historiques mais il fait bon lever les yeux pour observer quelques-uns des détails qui font tout le sel de l’architecture parisienne. Il y a là des façades parfaitement dessinées : que l’on s’arrête par exemple devant celles du numéro 6 ou du numéro 29, devant le petit hôtel particulier qui accueille la Maison Zilli, ou encore devant le numéro 56, avec sa façade à pan coupé et ses balcons en fer forgé qui courent aux deuxième et cinquième étages : voilà une inspiration typiquement haussmannienne.  

James Joyce et la marquise

L’exubérance n’est pas de mise dans ces édifices du XIXe siècle, qui transmettent une impression de sécurité avec leur parement en pierre de taille. L’animation est fournie par des éléments structurels ou de décor. On pense évidemment aux portes et aux balcons (comme celui du 25), aux grilles (on remarquera en particulier celles du numéro 2 et de la place François Ier). Tout en haut, sous les toits, se nichent parfois des bas-reliefs. L’observation oblige à se tordre un peu le cou mais certains valent le coup d’oeil, à l’image de celui qui surmonte l’immeuble du restaurant L’ Avenue. Les marquises, autrefois si nombreuses, sont devenues rares et l’on a plaisir à observer celle du 52, appartenant à l’hôtel Powers, où James Joyce logea en 1931.  

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