CHRISTIAN DIOR ET SON INSPIRATION D’OUTRE-MANCHE

Le voyage de Paris à Blenheim, où défile la collection croisière, et la migration à travers le globe du monde de
la mode pour venir en témoigner sont le point de départ de Lucie Meier et Serge Ruffieux, à la tête du studio de
création Christian Dior. L’inspiration n’est pas seulement le vestiaire de la haute société d’après guerre, mais plus largement l’effervescence et l’esprit d’aventure qui y régnaient. Le besoin de voyager, de découvrir la nouveauté. La campagne anglaise est évoquée par des allusions à la chasse et à son univers pictural. Des éclats de rouge rappellent l’écarlate des costumes des chasseurs à courre. Tweeds rustiques et popelines rurales. Et jusqu’aux
scènes équestres que l’on retrouve au milieu de jacquards figuratifs ou mêlées à des bouquets de fleurs des
champs. Ces dessins se mélangent aux velours dévorés, aux soies d’Asie et aux imprimés africains, aux motifs
tissés et aux broderies, traduisant un esprit explorateur, une curiosité du monde et une excentricité tout anglaise dans le vêtement.

Cette conversation entre style anglais et style français fait écho au dialogue entre le passé et le présent et aux
échanges culturels entre les deux pays. Au XVIIIe siècle, la mode en France s’est prise d’anglomanie, tandis
qu’au XXe le mouvement s’inverse et la couture française rayonne en Grande-Bretagne. A commencer par celle
de Christian Dior qui, de son côté, s’inspire de la mode anglaise : s’il faisait confectionner ses propres costumes
chez les tailleurs de Savile Row, il utilisait également les codes masculins comme les laines anglaises, les tweeds
écossais et les motifs prince-de-galles pour souligner la féminité de ses créations. Rencontre entre le féminin et
le masculin, entre la France et l’Angleterre : près de soixante-dix ans après la fondation de la Maison, Dior rend
hommage à ces imbrications culturelles et créatives dans ce palais de Blenheim, symbole absolu de l’anglicité,
fief des ducs de Marlborough, lieu de naissance de Winston Churchill et, déjà par deux fois, scène d’un défilé
Dior, en 1954 et en 1958.
Hier comme aujourd’hui, la curiosité du monde nous emporte de voyages en découvertes. Elle est emblématique de la recherche de nouveauté.

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