CHANEL et la danse

La danse comme mouvement et comme métaphore de la liberté, la danse comme langage et comme expression de la beauté : les quelques cours de danse que Gabrielle Chanel a suivis avec Isadora Duncan puis Caryathis, révèlent sa prédisposition pour la justesse et le mouvement. Mais sa collaboration fructueuse avec les plus grands artistes et chorégraphes de son temps ne relève pas d’une pratique assidue de la danse, mais bien d’affinités électives.

En 1913, Gabrielle Chanel assiste, presque par hasard, avec Boy Capel, l’amour de sa vie, à une représentation du Sacre du Printemps de Stravinsky, chorégraphiée par Nijinski, le danseur-star des Ballets russes de Serge Diaghilev. Cette pièce d’avant-garde jouera un rôle déterminant dans sa vie. Le spectacle, incompris d’un public conservateur, provoque un scandale mémorable. Pour la créatrice, c’est un choc esthétique : elle est subjuguée par cette oeuvre visionnaire. Mais c’est la rencontre avec Misia Sert en 1917, une femme du monde d’origine polonaise, pianiste, muse et mécène, visionnaire et libre, épouse du peintre et décorateur José Maria Sert, qui la propulsera dans le monde de la danse. Grâce à Misia, qui sera son amie très chère pendant plus de trente ans, Gabrielle Chanel va rencontrer des artistes d’avant-garde, qui deviendront ses proches. Parmi eux, Serge Diaghilev, fondateur de la compagnie des Ballets russes, qui a révolutionné l’art de la danse. Loin des conventions surannées de la danse classique, l’esthétique éblouissante des Ballets russes où se mêlent musique, danse et arts plastiques, fait du ballet un art total. Diaghilev fait intervenir dans ses oeuvres les plus grands musiciens, chorégraphes et peintres de son temps : de Moussorgski à Prokofiev, de Rimski-Korsakov à Debussy, de Satie à Ravel, de Braque à De Chirico, de Matisse à Picasso, d’Utrillo à Cocteau, pour n’en citer que quelques-uns.

C’est à Venise, lors d’un déjeuner avec les Sert, que Gabrielle Chanel fait la connaissance de Serge Diaghilev. Elle apprend qu’il désire reprendre Le Sacre du Printemps, mais peine à trouver les financements. Elle décide de l’aider, et signe ainsi son premier acte de mécénat, à la condition que son nom ne soit pas révélé… C’est Boris Kochno, le secrétaire de Diaghilev qui ébruitera l’affaire. Le Sacre du Printemps reprend à Paris, le 15 décembre 1920.

En 1924, Gabrielle Chanel, qui s’emploie dans sa création à valoriser confort et liberté de mouvement, va mettre son audace et sa vision au service de la danse, pour les costumes du ballet Le Train bleu, produit par les Ballets russes. Le livret est signé Jean Cocteau, la musique est de Darius Milhaud, le rideau d’avant-scène et le programme de Pablo Picasso. Le Train bleu tire son nom du luxueux train qui relie l’Angleterre et Paris à la Côte d’Azur, que Chanel empruntera souvent quelques années plus tard, pour se rendre à La Pausa, sa villa de Roquebrune-Cap Martin. C’est un ballet qui met en scène de riches oisifs, qui s’amusent sur une plage dans une ambiance de bains de mer. Une métaphore de la société des années 1920, pour laquelle Gabrielle Chanel imagine des costumes totalement contemporains, qui auraient pu être portés dans la réalité. Dans l’univers compassé du ballet, ses silhouettes de baigneurs, de golfeur et de joueuse de tennis sont une révolution. Deux de ces costumes sont d’ailleurs conservés au Victoria & Albert Museum de Londres, et Le Train bleu entre au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris en 1992.

Attentive, Chanel s’aperçoit, lors des dernières répétitions, que bien que souples et confortables, ses costumes entravent le mouvement. La créatrice reprend alors directement ses modèles sur les danseurs. « Toujours ôter, toujours dépouiller. Ne jamais ajouter… Il n’y a d’autre beauté que la liberté des corps. » Une expérience unique qui permet à Chanel de livrer, pour ce ballet, la quintessence de son art. Les costumes du ballet original, d’une incroyable modernité, inspireront d’ailleurs à Karl Lagerfeld les maillots de bain de la collection Prêt-à-Porter Printemps-Été 1998.

Gabrielle Chanel intervient aussi en avril 1929, pour une autre création de Diaghilev : Apollon Musagète, composé par Stravinsky, sur une chorégraphie de Balanchine. Elle crée des tuniques antiques d’une étonnante modernité, aux plissés retenus par de la soie de cravate. Une fois encore, le spectacle est ovationné par le Tout-Paris, et la première, suivie d’un bal mémorable donné par Chanel.

La mort, en août 1929, de Serge Diaghilev met fin à l’aventure des Ballets russes : Misia et Gabrielle organisent l’enterrement de leur ami au cimetière San Michele, à Venise, vêtues de blanc selon son voeu. Dix ans plus tard, à l’occasion de l’exposition Ballets russes de Diaghilev – 1909 à 1929, qui se tient à l’instigation de Serge Lifar au Musée des Arts Décoratifs à Paris, Mademoiselle Chanel prête la partition manuscrite de Stravinsky du Sacre du Printemps (1911-1913), aujourd’hui considérée comme le manifeste de la musique moderne. Un exemplaire toujours conservé dans la collection du Patrimoine de CHANEL.

La même année, Salvador Dalí et Chanel unissent leurs talents pour créer les costumes du ballet Bacchanale, donné par les Ballets russes de Monte-Carlo à New York. À propos des créations de Gabrielle Chanel, Dalí écrit : « Chanel dessina les costumes les plus somptueux et les plus merveilleux avec une profusion insensée d’hermine et de bijoux ». Malheureusement, la guerre empêchera l’arrivée des costumes à bon port. Le ballet aura lieu le 9 novembre 1939 avec des costumes différents.

Depuis que la mode et la danse ont été magistralement réunies par Diaghilev dans ses Ballets russes, ces deux arts du mouvement et de l’éphémère sont inséparables pour la Maison CHANEL. Passionné par tous les arts, Karl Lagerfeld a collaboré à de nombreuses reprises avec des chorégraphes, d’Uwe Scholz à Benjamin Millepied. En 2009, pour CHANEL, il crée la tenue d’Elena Glurjidze pour La mort du Cygne. Plus de cent heures de travail dans les ateliers de la Maison Lemarié sont nécessaires pour réaliser le tutu, constitué de plus de 2500 plumes.

Poursuivant l’oeuvre de mécène de sa fondatrice, la Maison CHANEL est depuis l’an 2000 le partenaire officiel de la soirée des Nijinsky Awards de Monaco, et, depuis 2018, mécène du Gala d’ouverture de la saison de danse de l’Opéra de Paris. En 2018, Decadance d’Ohad Naharin a fait son entrée au répertoire, avec des extraits des créations emblématiques du chorégraphe israélien, et notamment Boléro, interprété par Aurélie Dupont, Directrice de la Danse de l’Opéra national de Paris, et Diana Vishneva, danseuse-étoile du Mariisnky Ballet, dans des costumes créés spécialement par Karl Lagerfeld pour CHANEL. L’année suivante, après le défilé du Ballet, une tradition chère à l’Opéra de Paris, instaurée par Serge Lifar, le Gala d’ouverture de la saison de danse 2019/2020 de l’Opéra de Paris a présenté un ballet chorégraphié par le même Serge Lifar, Variations, sur une musique de Franz Schubert, dans des costumes spécialement revisités par la Maison CHANEL, sous la direction de Virginie Viard, Directrice Artistique des collections Mode.

Poursuivant l’oeuvre de mécène de sa fondatrice, la Maison CHANEL est depuis l’an 2000 le partenaire officiel de la soirée des Nijinsky Awards de Monaco, et, depuis 2018, mécène du Gala d’ouverture de la saison de danse de l’Opéra de Paris. En 2018, Decadance d’Ohad Naharin a fait son entrée au répertoire, avec des extraits des créations emblématiques du chorégraphe israélien, et notamment Boléro, interprété par Aurélie Dupont, Directrice de la Danse de l’Opéra national de Paris, et Diana Vishneva, danseuse-étoile du Mariisnky Ballet, dans des costumes créés spécialement par Karl Lagerfeld pour CHANEL. L’année suivante, après le défilé du Ballet, une tradition chère à l’Opéra de Paris, instaurée par Serge Lifar, le Gala d’ouverture de la saison de danse 2019/2020 de l’Opéra de Paris a présenté un ballet chorégraphié par le même Serge Lifar, Variations, sur une musique de Franz Schubert, dans des costumes spécialement revisités par la Maison CHANEL, sous la direction de Virginie Viard, Directrice Artistique des collections Mode.

En 2021, CHANEL réaffirme son soutien à cette institution en devenant mécène du Ballet de l’Opéra national de Paris. Ce partenariat vise à soutenir l’ensemble des projets artistiques de l’Opéra, scellant une relation étroite entre ces deux Maisons unies par les mêmes valeurs d’excellence et de création. Le 27 janvier dernier s’est tenue la première représentation de la saison de danse 2021 de l’Opéra national de Paris, lors du Gala d’ouverture organisé cette année sans public et retransmis sur sa plateforme digitale L’Opéra chez soi à partir du 30 janvier. À cette occasion, les Étoiles Valentine Colasante et Hugo Marchand ont interprété ensembleGrand Pas Classique – célèbre pas de deux présenté pour la première fois en 1949 et chorégraphié par Victor Gsovsky sur une musique de Daniel-François E. Auber –, dans des costumes spécialement créés par CHANEL sous la direction de Virginie Viard.

La Maison a également réalisé les costumes d’Exposure, une création de Sidi Larbi Cherkaoui mise en musique par Woodkid et présentée dans le cadre du programme Créer aujourd’hui de l’Opéra national de Paris, qui invite quatre chorégraphes contemporains sur la scène du Palais Garnier.

À travers ces événements, CHANEL renforce de nouveau ses liens étroits et vivants avec l’univers de la danse.

#CHANELandDance

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